Une fusée Falcon 9 de SpaceX, transportant le vaisseau spatial Dragon décolle du complexe de lancement spatial 40 pour la mission Crew-12 à la base spatiale de Cap Canaveral, le 13 février 2026 en Floride ( AFP / Jim WATSON )
L'astronaute Sophie Adenot s'est envolée vendredi avec deux Américains et un Russe vers la Station spatiale internationale où elle passera environ huit mois, un vol qui marque le retour d'une Française dans l'espace après 25 ans d'absence.
Après plusieurs reports liés à la météo, la fusée SpaceX a finalement décollé de Cap Canaveral en Floride avant le lever du soleil, à 5H15 locales, soit 11H15 heure de Paris.
Deuxième femme française à être devenue astronaute, Sophie Adenot, 43 ans, réalisait à cette occasion son premier vol spatial.
"Prenons soin les uns des autres, osons rêver grand ensemble et continuons à viser toujours plus haut. C'est ainsi que l'humanité progresse", a-t-elle lancé en anglais lors d'une retransmission vidéo de la Nasa.
A ses côtés, les astronautes de l'agence spatiale américaine Jessica Meir, 48 ans, et Jack Hathaway, 43 ans, et le cosmonaute russe de Roscosmos, Andreï Fediaïev, 44 ans, vêtus comme elle de combinaisons blanches, ont aussi échangé quelques mots depuis l'habitacle du vaisseau.
Ils y passeront plus de 30 heures avant de rejoindre la Station spatiale internationale, située à 400 kilomètres de la Terre, autour de 20H15 GMT samedi.
- "Pour Sophie" -
A la cité des sciences de Paris, quelques centaines de personnes ont applaudi le franchissement par l'équipage Crew 12 des 100 km d'altitude, qui marquent le début de l'espace selon la convention internationale.
Confiant son "émotion brute", l'astronaute belge Raphaël Liégeois, présent lors de cette retransmission, a dit à l'AFP sa "fierté" de voir sa camarade de promotion "ouvrir la marche".
L'astronaute de l'ESA, Sophie Adenot, montre le drapeau français sur son épaule alors qu'elle s'apprête à embarquer à bord de la fusée Falcon 9 de SpaceX au complexe de lancement spatial 40, pour la mission Crew-12 à la base spatiale de Cap Canaveral, en Floride, le 13 février 2026 ( AFP / Jim WATSON )
A Toulouse, fief de l'agence spatiale française (Cnes), d'autres centaines de personnes s'étaient rassemblées pour l'occasion à la Cité de l'espace.
"On est là pour Sophie, pour assister à l'émotion et l'intensité du décollage", a expliqué, au milieu de la foule, Frédérique Rossignol, 68 ans.
Ingénieure de formation et ancienne pilote d'essai, Sophie Adenot n'est que la deuxième Française à aller dans l'espace, après la pionnière Claudie Haigneré en 1996 et 2001.
C'est d'ailleurs un vol de cette dernière qui lui a donné "le déclic" alors qu'elle avait 14 ans, avait-elle récemment confié. "A ce moment-là que je me suis dit +un jour ce sera moi+."
Infographie présentant une sélection de modules de la Station spatiale internationale (ISS) ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )
Devenue son mentor, Claudie Haigneré avait fait le déplacement jusqu'en Floride pour le décollage.
Sophie Adenot avait également été encouragée à distance par le président Macron dans une vidéo diffusée sur le réseau social X et dans laquelle apparaissent diverses personnalités, dont l'astronaute français Thomas Pesquet.
Ce dernier, apprécié pour sa bonhomie, avait relancé l'intérêt du grand public pour l'espace lors de deux séjours passés dans l'ISS.
- Laboratoire unique -
Occupée en permanence depuis 25 ans, l'ISS constitue un laboratoire scientifique sans pareil mais aussi l'un des derniers espaces de coopération internationale entre Occidentaux et Russes.
"Nous sommes réunis ce matin après le lancement de deux Américains, d'un Russe et d'une Européenne qui forment un seul et même équipage", a salué vendredi Daniel Neuenschwander, un responsable de l'Agence spatiale européenne (ESA) lors d'une conférence de presse organisée par la Nasa.
"Cela témoigne une fois de plus de ce que nous pouvons accomplir ensemble."
Les astronautes de la Nasa Jessica Meir (c) et Jack Hathaway (g), l'astronaute de l'ESA Sophie Adenot (d) et le cosmonaute de Roscosmos Andrey Fedyaev (2e g) se dirigent vers la fusée Falcon, pour la mission Crew-12 à la base spatiale de Cap Canaveral, en Floride, le 13 février 2026 ( AFP / Jim WATSON )
Cette aventure collaborative est néanmoins appelée à prendre fin en 2030, quand la Station spatiale internationale sera mise à la retraite, ouvrant la voie à la privatisation de ce domaine.
En attendant, les agences spatiales entendent profiter au maximum de ce laboratoire unique en son genre. Lors de sa mission, Sophie Adenot participera à plus de 200 expériences scientifiques.
La Française testera par exemple EchoFinder, un système mis au point par le Centre national d'études spatiales (Cnes), qui doit permettre aux astronautes de réaliser des échographies en totale autonomie, grâce à l'intelligence artificielle et à la réalité augmentée.
Avec ses camarades, elle devrait rentrer sur Terre en octobre.

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